Bernard Sapoval, physicien de l’école polytechnique, a réalisé, sur le principe des fractales, un mur anti-bruit avec une équipe du CNRS et la société d’équipement routier Cola, dont un prototype a été installé en mars dernier aux abords d’une autoroute de l’Allier.
En absorbant 98% de l’énergie des ondes sonores, il contre au moins trois décibels de plus que les ouvrages classiques. Or, dans ce cas, une diminution de 3 dB correspond à une réduction de moitié du volume sonore perçu par l'oreille humaine.
Des performances impressionnantes en partie dues à sa composition à base d’un mélange de copeaux de pin et de ciment mais surtout à sa structure fractale : à l’échelle de la dizaine de centimètres, le mur présente une alternance de formes, des pleins et des déliés, qui se répètent en rapetissant jusqu’au centimètre. Et aux échelles plus petites, c’est un véritable gruyère…
Cette forme est ainsi empruntée au cube de Sierpinski.
L’absorption acoustique est proportionnelle à la surface développée au contact des ondes sonores.
Or ce mur est constitué d’un agglomérat de morceaux de quelques millimètres au micromètre. Les ondes sonores émises par les véhicules - surtout les basses fréquences - rencontrent donc un maximum de fois ces surfaces et cèdent facilement leur énergie. La seule réelle difficulté fut de démouler cette structure, très complexe, sans la briser…
Le physicien projette maintenant de fabriquer une structure cinq fois plus insonorisante pour équiper le pourtour du périphérique parisien.
